Sunday, March 30, 2025

Henri Crouzel, François Fournier, and Pierre Périchon: Mary, in Origen's Theology, "is not entirely without fault"

  

Marie cependant n'est pas tout à fait sans faute.

 

Origène ne croit pas la Vierge exempte de toute faute : ce n'est d'ailleurs le cas d'aucun spirituel, tant qu'il vit ici-bas. Elle a eu des défaillances sous le rapport de la foi. Certes l'Alexandrin est loin de prétendre, comme Tertullien, qu'elle aurait été reniée par son Fils pour cela ; comment Jésus aurait-il rejeté celle que l'Esprit-Saint avait déclarée bénie entre toutes les femmes ? Ce qu'Origène dit de la sainteté de la Vierge et qui lui fournit la preuve de sa virginité perpétuelle écarte l'idée d'une faute grave.

 

Il semble insinuer dans l'Homélie I sur la Genèse que la question de Marie à l'ange : « Comment cela se fera-t-il, car je ne connais point d'homme? »manifeste une certaine incré- dulité. Dans l'Homélie XX sur Luc, il interprète par une exé- gèse allégorique toute gratuite la redescente de Jésus vers Nazareth en compagnie de ses parents : « Parce que Joseph et Maric n'avaient pas encore une foi entière et ne pouvaient rester en haut avec lui . » Leur Fils les accompagne, de même qu'il ne demeure pas toujours sur la montagne de la Transfiguration, mais qu'il va dans la plaine soigner les malades et éduquer les enfants spirituels, puisque c'est là le sens de son Incarnation. Origène n'a ici comme argument que l'interprétation ordinaire qu'il donne aux montées et aux descentes.

 

Un autre texte présente des raisons théologiquement plus sérieuses, quoique aussi gratuites. Le glaive de douleur qui, selon la prophétie de Siméon, transpercera à la Passion l'âme de Marie, c'est, d'apres l'Homélie XVII sur Luc, celui du doute. Un premier raisonnement, qui est a fortiori, suppose que la Mere du Seigneur n'est pas plus parfaite que les Apôtres : si ces derniers, suivant la parole de Jésus, ont ete scandalises, au point que Pierre lui-même l'a renié trois fois, comment ne l'aurait-elle pas été elle aussi ? Puis un second argument intervient. Selon Paul tous ont peche et ont besoin de rédemption : si elle n'a pas souffert de scan- dale, alors Jesus n'est pas mort pour elle. L'origine de ce doute est facile à comprendre : c'est le contraste entre les révélations merveilleuses qu'elle a eues sur son Fils et l'état où elle le voit. Et ce moment de defaillance sera court. D'après un fragment sur Luc ' la prophétie de Siméon indique à mots couverts « qu'après le scandale que les disciples et Marie souffriront devant la Croix, une guérison rapide interviendra : elle raffermira dans leurs cœurs la foi qu'ils ont en lui ».

 

L'Alexandrin ne se base donc pas sur l'interpretation obvie d'un passage de l'Écriture : rien ne dit que le glaive désigne le doute, et la parole du Christ citée plus haut ne s'adresse qu'aux Apôtres. Le second argument s'appuie sur un point de foi, l'universalité de la Rédemption. Origène ne voit pas comment la concilier avec l'absence de toute faute en Marie, comme dans la suite des temps d'autres grands théologiens la jugeront incompatible avec l'Imma- culée Conception : il ne comprend pas que la Vierge ait pu recevoir ce privilège des mérites de son Fils, et rester ainsi soumise à la Rédemption universelle. (Henri Crouzel, François Fournier, and Pierre Périchon, “Introduction,” in Origène, Homélies Sur S. Luc : Texte Latin Et Fragments Grecs–Introduction, Traduction Et Notes [Sources Chrétiennes 87 ; Latour-Maubourg : Paris, 1962], 55-57)

 

English translation:

 

Mary, however, is not entirely without fault [RB: the French can also mean “sin” and “transgression”].

 

Origen does not believe that the Virgin is free from all error—indeed, no spiritual person is, as long as they live on earth. She experienced shortcomings in matters of faith. Certainly, the Alexandrian is far from claiming, as Tertullian did, that she was renounced by her Son because of this; how could Jesus have rejected the one whom the Holy Spirit had declared blessed among all women? What Origen asserts about the Virgin’s holiness—and which provides him with the proof of her perpetual virginity—dismisses the idea of any grave fault.

 

It appears that in Homily I on Genesis he suggests that Mary’s question to the angel—“How will this be, since I do not know a man?”—reveals a certain incredulity. In Homily XX on Luke, he offers a completely gratuitous allegorical exegesis of Jesus’ descent to Nazareth with his parents: “Because Joseph and Mary had not yet attained a complete faith and could not remain above with him.” Their Son accompanies them, just as he does not remain perpetually on the mountain of the Transfiguration but goes into the plain to heal the sick and instruct spiritual children—since that is the very meaning of his Incarnation. In this passage, Origen relies solely on his conventional interpretation of ascents and descents.

 

Another text presents reasons that are theologically more serious, although also gratuitous. The sword of sorrow that, according to Simeon’s prophecy, will pierce Mary’s soul at the Passion is, according to Homily XVII on Luke, that of doubt. One line of reasoning, which is a fortiori, assumes that the Mother of the Lord is no more perfect than the Apostles: if the latter, following Jesus’ words, were scandalized—so much so that even Peter denied him three times—how could she not have been as well? Then a second argument comes into play. According to Paul, all have sinned and are in need of redemption: if she had not suffered scandal, then Jesus did not die for her. The origin of this doubt is easy to understand: it is the contrast between the marvelous revelations she received about her Son and the state in which she sees him. And this moment of failure will be brief. According to a fragment on Luke, Simeon’s prophecy hints, in veiled words, “that after the scandal which the disciples and Mary will endure before the Cross, a rapid healing will occur: it will strengthen in their hearts the faith they have in him.”

 

The Alexandrian does not therefore rely on the obvious interpretation of a passage of Scripture: nothing indicates that the sword symbolizes doubt, and the aforementioned words of Christ are addressed solely to the Apostles. The second argument is based on a point of faith—the universality of Redemption. Origen cannot see how this can be reconciled with the complete absence of any fault in Mary, as later, other great theologians would judge incompatible with the Immaculate Conception: he does not understand how the Virgin could have received this privilege through the merits of her Son, and yet remain subject to universal Redemption.

 

 

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